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De nouveaux tests de dépistage pour surprendre le cancer colorectal et le sida au réveil

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21 mai 2015

Bon Point

De nouveaux tests de dépistage pour surprendre le cancer colorectal et le sida au réveil : de belles avancées technologiques mais un engagement sélectif de l’Assurance maladie…

 

 

  • Un test de dépistage du cancer colorectal plus simple et plus fiable

 

Le 6 mai dernier, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a présenté le nouveau test de dépistage du cancer colorectal mis à disposition dans le cadre du programme national de dépistage du cancer colorectal.

 

Plus simple d’utilisation, un seul prélèvement sur les selles est nécessaire contre six auparavant, il est également plus performant ; il permet de détecter 2 fois plus de cancers et 2,5 fois plus d’adénomes avancés (lésions précancéreuses). Grâce à ce test simplifié, le ministère et l’Assurance maladie espèrent augmenter le taux de participation au dépistage, qui est actuellement de 30%.

 

« Nous avons  un nouveau test, sa mise à disposition doit être l’occasion d’un appel à la mobilisation », a déclaré la ministre lors de la présentation.

 

Ce dépistage s’adresse aux hommes et aux femmes âgés de 50 à 74 ans, et il est recommandé de le pratiquer tous les 2 ans.

 

Les structures de dépistage départementales commencent à envoyer des invitations à réaliser ce test.

 

Son lancement s’accompagne actuellement d’une campagne télé et audio pour sensibiliser le grand public, avec comme slogan « un geste simple peut vous sauver la vie ».

 

Le médecin traitant remet à ses patients concernés le test de dépistage et son analyse en laboratoire agréé est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie.

 

 

  • Des autotests de dépistage du sida fiables et rapides… mais pas remboursés par la Sécurité sociale…

 

Dès le mois de juin, le kit français d’autotest sanguin de dépistage du sida sera disponible dans les pharmacies.

 

Cet autotest est fabriqué et commercialisé par la société française AAZ et vient d’obtenir le marquage CE. Il a été conçu et validé avec l’aide d’un groupe d’experts français. « Il a fait l’objet d’études préalables grâce au concours des associations nationales Aides et HF Prévention », rappelle la société.

 

A partir d’une goutte de sang, il permettrait, en moins de 15 minutes, d’identifier la présence ou non d’anticorps produits en cas d’infection par le virus du sida et ainsi de connaître son statut sérologique.

 

Le laboratoire assure l’efficacité de son autotest pour une infection qui date de 3 mois, au minimum.

 

Le Pr Gilles Pialoux, infectiologue à l’hôpital Tenon (Paris, 20e), souligne qu’actuellement « 28 000 séropositifs s’ignorent en France » et précise « on espère que cela va permettre de toucher les personnes qui ne vont pas dans les structures de dépistage, comme les personnes les plus âgées […], les très jeunes, mais aussi les plus exposés qui pourront faire un test avant un rapport à risque » (Le Parisien, 5 mai 2015).

 

Pour autant, cet autotest ne devrait pas être remboursé par la Sécurité sociale.


Les progrès du dépistage sont importants et donnent de l’espoir pour la prise en charge de pathologies mortelles et dont la prise en charge est extrêmement coûteuse.

Dommage que l’Assurance maladie fasse le choix de ne pas s’engager sur l’autotest du sida qui permettrait, selon le Conseil national du Sida, de découvrir 4 000 séropositivités et d’éviter 400 nouvelles infections par an en France. Un chiffre important, au regard des plus de 6 000 personnes découvrant annuellement leur séropositivité. Et, surtout, au regard des 28 000 personnes qui, en France, l’ignorent toujours.

La prévention, c’est l’affaire de tous, mais c’est aussi une question d’argent. Et l’argent, c’est bien souvent ce qui manque aux personnes défavorisées pour prendre soin de leur santé !