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Deuxième avis médical

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15 décembre 2015

Deuxième avis médical


L’expérience du CISS et de plusieurs de ses associations membres dans l’accompagnement des victimes d’accidents médicaux, qu’il s’agisse d’erreurs ou pas, nous conduit à promouvoir le recours à un deuxième avis médical lorsque les personnes sont confrontées à des diagnostics et des choix thérapeutiques lourds, aux conséquences potentiellement invalidantes face à des maladies graves ou rares.


En effet, parmi les personnes qui se trouvent confrontées à des difficultés post-opératoires ou à la suite d’effets indésirables graves d’un traitement, les cas sont encore trop fréquents où la victime n’a pas été informée avant l’acte de soin des risques potentiels du traitement proposé et des alternatives thérapeutiques envisageables ainsi que de leurs risques respectifs. C’est pourtant un droit essentiel de la personne que de pouvoir exercer pleinement son choix le plus éclairé possible.


Il existe peu d’études sur le lien entre erreurs médicales et erreurs de diagnostic. Des chiffres disponibles au niveau européen tendent à montrer que parmi les événements indésirables pouvant survenir en cours de traitement, entre 5 à 15% découlent d’une erreur de diagnostic et près de 30% de ces erreurs entraînent des conséquences graves. Aux Etats-Unis, les études menées montrent que chaque année, parmi l’ensemble des patients ayant recours à des soins de ville, 5 % d’entre eux sont confrontés à une erreur de diagnostic. Par ailleurs, une revue des données médicales liées aux décès de patients sur plusieurs décennies a montré que dans environ 10 % des cas une erreur de diagnostic avait contribué à leur mort.


C’est dans cette optique de sensibilisation des usagers sur les contextes dans lesquels le deuxième avis s’avère essentiel, face à une hésitation ou un doute qui ne peut que placer le patient dans une position ne favorisant pas le bon soin, que nous informons le public sur les différentes options qui peuvent permettre d’obtenir un second avis médical : http://www.66millionsdimpatients.org/diagnostic-quand-un-second-avis-simpose


Sont évoqués dans cet article les différentes modalités de recours à un deuxième avis, et notamment l’orientation par le médecin qui a émis le premier avis vers un confrère exerçant à proximité… lorsque la ressource médicale le permet. Mais il va sans dire que pour certaines ressources médicales expertes très spécialisées, il peut être difficile - voire impossible - d’obtenir un rendez-vous chez un spécialiste dans son environnement géographique assez proche : dans sa ville, ou dans son département, ou même dans sa région !


D’où l’information sur la possibilité d’obtenir un deuxième avis médical en ligne. Comme on l’explique dans le court article, certains établissements hospitaliers spécialisés proposent l’accès à une expertise pour un deuxième avis en ligne. C’est par exemple le cas de l’Institut Gustave Roussy. Une autre initiative naissante dans ce domaine, le site www.deuxiemeavis.fr, propose le recours dans un cadre déontologique qui permet de garantir le meilleur respect de la déontologie médicale et des droits des patients :


  • autorisation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) ;
  • conventionnement avec l’ARS d’Ile-de-France ;
  • respect des principes mentionnés dans le Vademecum Télémédecine de septembre 2014 du Conseil National de l'Ordre des Médecins (CNOM), et modèle de convention signé avec les médecins experts revu préalablement par le CNOM ;
  • respect des obligations définies par l'Agence des Systèmes d'Information Partagés de Santé (ASIP) en termes d'architecture informatique et de sécurité et confidentialité des données (hébergeur agréé, habilitation des accès aux données et traçabilité de cet accès).


La question du coût du deuxième avis :


  • Comme tout acte de soin, le CISS revendique un accès sans reste à charge et informe dans ce sens sur l’ensemble des recours possibles au deuxième avis médical.
  • Le contexte particulier, en raison de l’éloignement de la ressource médicale spécialisée experte ou de la difficulté de déplacement de la personne nécessitant un deuxième avis, peut amener à ce que le recours à un deuxième avis en ligne soit la solution la plus envisageable… y compris économiquement.

L’initiative www.deuxiemeavis.fr vient de se créer, le développement des possibilités de prise en charge, notamment par les complémentaires santé, est une priorité.